Le Journal d’un fou, Irokawa Takehiro

À offrir à une personne qui ne doute pas de sa santé mentale

« Mon cerveau est déréglé. Ce que je ressens réellement se trouve au-delà du jugement des autres. Je suis le seul à pouvoir parler de ce qui me touche. La connaissance que j’ai de moi est illusoire, approximative et sans doute parfois tachée d’indulgence. Pourtant, dans la mesure où je ne tiens pas à m’en remettre à quelqu’un d’autre pour ce qui me concerne, je n’ai d’autre choix que de continuer à me supporter. »

Irokawa écrit le journal d’un homme dont la vie est rythmée par les hallucinations et les délires, vestiges angoissants d’un passé instable. Menacé par le rythme lointain d’un tambour annonciateur de crise, cet homme trouve refuge dans un hôpital psychiatrique, mais aussi dans les mots qu’il couche sur le papier avec l’espoir de rationnaliser son existence. Dans le jardin de l’hôpital, une jeune femme, elle aussi malade, s’éprend de cet homme perdu: pour se sauver de la folie, elle est convaincue qu’elle doit le sauver lui. Mais l’homme, replié sur lui-même, incapable de se tourner vers les autres, ne peut (ou ne veut!) pas être sauvé par quelqu’un d’autre que lui-même.

Entre description factuelle (Irokawa fut d’ailleurs hospitalisé pour des symptômes psychotiques), étude psychologique d’un personnage à l’enfance tourmentée et investigation littéraire sur la puissance évocatrice de l’hallucination, Le Journal d’un fou est une oeuvre bizarre dont les images  (et les sons!) marquent définitivement le lecteur.

LB