Comment tout a commencé, Pete Fromm

À offrir à une grande soeur protectrice

« L’intérieur du réservoir était aussi noir que d’habitude, uniquement percé par les constellations pâles des trous faits par les balles. Me tenant à la porte, je me demandais tout à coup si le monde d’Abilene ressemblait à ça: sa tête remplie de ses étoiles rien qu’à elle, d’abord captivantes, mais finalement terrifiantes quand elle se rendait compte que toutes les autres sources de lumière s’étaient éteintes. »

Cette voix est celle d’Austin, adolescent texan très attaché à sa grande soeur, Abilene, qui jure qu’elle fera de lui un champion de baseball. Avec cette soeur bouillante d’énergie, les entraînements sont intenses. C’est qu’Abilene est intense, trop intense. Malgré les lancers infinis dans le désert, malgré l’excitation violente qui électrise parfois Abilene, malgré les disparitions à répétition et les tentatives de suicide, Austin refuse d’accepter que sa soeur est atteinte d’un trouble bipolaire. Contre l’avis de ses parents et des médecins, puis contre l’avis d’Abilene elle-même, il croit la protéger en niant la maladie.

En donnant la parole au petit frère, Pete Fromm fait le récit des bouleversements qu’entraînent les troubles psychiques: bouleversement intime, personnel tout d’abord, mais qui s’étend inéluctablement à l’entourage et touche profondément les proches. Si, dans Comment tout a commencé, la maladie est difficile à accepter pour Abilene, elle l’est peut-être encore plus pour Austin, le petit frère qui cherche à retenir l’Abilene de son enfance.

LB