Traité du zen et de l’entretien des motocyclettes, Robert M. Pirsig

À offrir à un philosophe en quête de concret ou à un mécano en manque d’abstrait

« Les planches du couloir craquent sous mes pas de manière sinistre – et une pensée également sinistre me vient: c’est le bruit même de ses pas. Ici, lui est réel – et moi, je ne suis que son fantôme. »

Un homme et son fils traversent les Etats-Unis d’Amérique en moto. Alors que le but apparent de leur voyage semble être le rapprochement et la reconstruction d’un lien filial, le père, au contraire, paraît s’éloigner en lui-même, emporté dans un monologue étrange sur le zen et la mécanique. Est-il en fuite ou à la recherche de quelque chose? Il est en tout cas poursuivi par une partie de lui-même: Phèdre, ce double instable qui guette chacune de ses pensées. Une présence assez puissante pour lui faire oublier son fils, qui ne demande pourtant qu’à exister aux yeux de son père.

Le narrateur du Traité du zen et de l’entretien des motocyclettes pose une question universelle: « Qui suis-je? ». Une interrogation banale qui devient une véritable torture pour le héros de Robert Pirsig, qui ne se reconnaît plus dans la personne qu’il a été sous l’emprise de la psychose. Un roman ample et contemplatif sur la désagrégation d’un être et la (possible?) reconstruction de son rapport au monde, aux autres et à sa propre identité.

LB